Le colmatage peut se produire de diverses manières. Il se traduit par une diminution progressive ou brutale de la perméabilité du géotextile.
Un textile peut se colmater:
- PHYSIQUEMENT: des particules de sol adhèrent aux fils ou sont emprisonnés par eux;
- CHIMIQUEMENT Existence de précipités
- BIOLOGIQUEMENT
développement d'algues
Trois types de colmatage physique répertoriés
1 ) Colmatage minéral de base
Ce type de colmatage se présente sous forme d'une accumulation, le plus fréquemment argilo-limoneuse,
dans laquelle les fibres apparaissent serties. Il est en continuité avec le sol en place et
d'origine très locale.
Le colmatage de base se produit à la pose du géotextile ou, peu après, contre un sol à teneur en
eau supérieur à la limite de liquidité.
Il est essentiellement dû à la nature du sol support, à son état hydrique, à sa facilité de
dispersion et aux conditions de mise en place.
Les matériaux grossiers ne paraissent pas donner de colmatage de base, à l'inverse, ce sont
les argiles limoneuses qui pénètrent le plus facilement en semi-suspension dans les géotextiles.
2°)Le colmatage minéral interne
Il peut être soit argileux, soit grossier
a) Argileux
C'est à dire constitué d'argile et de limon très fin. Suivant la vitesse de passage du
fluide à travers le géotextile, celui-ci peut capter des particules de dimensions inférieures
à celles des pores de la surface. Au cours de leur progression, les filets de
fluide subissent de nombreux changements de direction dans les canaux de section variable,
ce qui peut occasionner l'arrêt par dépôt des particules solides véhiculées avec le fluide.
Il se forme en premier lieu un dépôt autour des fibres sous forme d'une pellicule,
épaisse au plus de quelques dizaines de microns (gainage).
En un second temps, des ponts argileux apparaissent entre les fibres. Aux endroits où les
fibres sont très rapprochées, les ponts se multiplient et les argiles envahissent
progressivement tout l'espace interfibres d'où formation d´amas argileux dans lesquels les
fibres sont serties.
La présence de couches de fibres très fines et également très rapprochées peut favoriser ce
processus.
Au stade plus avancé du colmatage interne, les amas précédents se connectent par des ponts
argileux. La morphologie du colmatage prend alors l'allure spongieuse ou alvéolaire.
Dans le cas de tissés à bandelettes ou fribrilisés, du fait de la proximité des fibres à
l'intérieur des fils et des fils entre eux, le stade d'un colmatage total est vite atteint.
Notons que la structure typique du colmatage interne en éponge traduit un état d'équilibre
entre les atterrissements (amas de terre apportée par les eaux) et la circulation de l'eau
à l'intérieur du géotextile.
Ceci permet de rendre compte de la forte perméabilité résiduelle de géotextiles jugés
colmatés sur le plan morphologique.
b)Grossier
Celui-ci est constitué de grains de limons moyens, plus rarement de sable, coincés entre
les fibres. Souvent, ce colmatage provient du matériau de recouvrement.
3 )Le colmatage minéral supérieur
Dans ce colmatage, les matériaux proviennent de la matrice argilo-limoneuse du sol de
recouvrement. On peut considérer ce type de colmatage comme le résultat de la chute de
poussières ou particules non stabilisées présentes dans le matériau de recouvrement au
moment de son épandage ou lors des premiers lessivages de la couche adjacente au géotextile.
Cette fermeture partielle des pores par les grains de sable sur la limite supérieure du
textile est aussi appelée Oestruction.
4 ) Agencement spatial
Trois agencements de fibres peuvent retenir les particules soit
- A la surface des fibres
- Dans un espace assez large (caverne)
- Dans un goulot d'étranglement (restriction)
Ces sites de retenues des particules sont présents dans la majorité des membranes non-tissés
disponibles pour les travaux de terrassements et de drainage. La nature et la dimension des
fibres, le nombre de fibres par unité de volume, le pourcentage de vide et l´épaisseur de
la membrane, le diamètre moyen des canaux offerts à l´écoulement du fluide sont quelques
uns des paramètres qui différencient les membranes.
Dans le cas des géotextiles ayant une épaisseur très faible (tissés), il est possible
d'idéaliser les différents modes de rétention et de colmatage. Par suite de leur faible
épaisseur, on pourra les assimiler à des tamis.
Dans ce cas, les pores du géotextile sont assimilables à des étranglements. Le passage de
cet obstacle suffit à faire traverser le géotextile, tandis que dans le cas de membrane
épaisse, les particules doivent cheminer au travers des canaux irréguliers du géotextile.